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Grille de contrôle de la qualité des contenus
en ligne

Par Jean-Marc
Hardy – septembre 2005
L'évaluation de la qualité d'un contenu en ligne
repose sur toute une série de paramètres. Pour être
certain de ne rien oublier, il peut être utile d'appliquer une
grille de critères prédéfinis. Le document type
que nous proposons ici intéressera au premier plan les responsables
éditoriaux soucieux de mettre en place un processus systématique
de contrôle qualité de la production éditoriale.
1. Qualité de la présentation
1.1 Aération
Le document est-il suffisamment aéré ?
Rien de plus difficile que de lire un texte
en bloc à l'écran.
Le spécialiste de l'expérience utilisateur, Jakob Nielsen,
épingle d'ailleurs les blocs de texte indifférencié
comme une des
erreurs principales actuellement commises sur le Web.
Veillez à découper votre contenu en utilisant des paragraphes
distincts pour séparer les différentes idées. Suivez
l'exemple des articles
de la BBC, aux paragraphes très courts.
Toutefois, évitez les espaces perdus. Le texte
doit être aéré, certes, mais la mise en page doit
rester soutenue.
1.2 Longueur
Le texte n'est-il pas trop long ? N'est-il pas trop court ?
La longueur d'un texte en ligne peut bien évidemment varier en
fonction des situations : page d'accueil, fiche-produit, article
de fond,...
Dans les pages intérieures, nous conseillons de ne pas
dépasser l'équivalent de trois ou quatre écrans
standard, soit environ 5000 caractères maximum. Au-delà
de cette limite, la consultation en ligne devient moins confortable.
Les longues pages nécessitent un traitement tout particulier :
sommaire interactif, boutons permettant de retourner au sommet de la
page, intertitres, version imprimable,...
A l'inverse, un visiteur peut se sentir frustré lorsqu'il consulte
une information trop maigre qui le laisse dans une impasse. Prévoyez
minimum 500 caractères pour étayer l'information.
1.3 Eléments saillants
Les informations clés et les mots importants sont-ils mis en
évidence ?
80% du temps, les internautes balayent
les pages plutôt que de les lire mot à mot. Il est
donc important de prévoir des éléments qui accrochent
l'oeil. Les titres, les sous-titres, les listes à puces,
les mots en gras, les citations mises en exergue,... sont autant d'éléments
saillants qui peuvent accrocher l'attention du visiteur, lui permettre
de se faire rapidement une idée du contenu et l'inciter à
une lecture détaillée.
Pour en savoir plus, lisez notre fiche-conseil : "Mettre
le contenu en relief".
1.4 Visuels
Posez-vous les questions suivantes concernant l'usage de visuels dans
la page :
A-t-on recours aux visuels ? Certains éléments
d'information, les lieux ou les personnes dont on parle, certains mécanismes
ou certains chiffres clés ne méritent-ils pas d'être
traités de manière visuelle ?
Quel est l'intérêt des visuels ? Les
images ralentissent les performances de votre site web en termes de
temps de téléchargement. Veillez à ce qu'elles
en vaillent la peine. Privilégiez les images informatives plutôt
que simplement décoratives.
Les visuels sont-ils bien intégrés au texte ?
Les visuels étroitement intégrés au texte semblent
plus efficaces que les visuels trop périphériques. Ils
sont perçus par le visiteur comme faisant partie intégrante
du contenu, ils ne sont pas assimilés à de la publicité,
et leur taux de visibilité en est supérieur.
A-t-on prévu une légende et un texte alternatif ?
La légende permet de donner du sens à l'image, en relation
avec le texte. Le texte alternatif permet aux moteurs de recherche et
aux personnes aveugles d'accéder à une description du
contenu de l'image.
Le nombre, la taille et le poids des images est-il optimisé ?
Avant publication sur Internet, les images doivent impérativement
être optimisées à l'aide d'un logiciel prévu
à cet effet. Sans différence visible à l'oeil nu,
le poids d'une image pourra souvent être diminué par dix.
Veillez à ce que les images ne soient pas trop nombreuses. Sauf
cas particulier, une ou deux images devraient suffire à illustrer
un article de fond. Assurez-vous que la taille des images reste équilibrée
par rapport au texte.
La qualité des images est-elle suffisante ?
Vérifiez que le contenu des images reste lisible (à l'écran,
les gros plans sur des détails ou sur des visages sont souvent
plus efficaces que les plans panoramiques). Vérifiez la qualité
du contraste, de la luminosité et du cadrage.
Pour en savoir plus, lisez notre fiche-conseil : "Intégrer
les visuels".
2. Qualité
du style
2.1 Orthographe et grammaire
Il n'y a aucune raison de prendre des libertés par rapport aux
règles de grammaire et d'orthographe sous prétexte qu'on
publie en ligne. Bien au contraire, Internet a besoin de crédibilité
et certaines études ont démontré que la présence
d'une seule faute d'orthographe sur une page d'accueil ou dans un article
en ligne suffit à diminuer la confiance que les visiteurs accordent
à son contenu.
L'idéal reste de faire relire attentivement le document par une
tierce personne. A défaut d'une telle relecture, le strict minimum
est d'utiliser un correcteur orthographique et grammatical automatique,
fourni avec la plupart des logiciels de traitement de texte. Les dictionnaires
en ligne sont là aussi pour vous aider.
2.2 Concision
La lecture à l'écran est moins confortable que la lecture
d'un imprimé : l'espace est réduit, partagé
entre le contenu et les fonctionnalités de navigation, les écrans
scintillent et augmentent l'effort nécessaire pour se concentrer.
Les internautes balayent les pages de manière expéditive
à la recherche de "microcontenus" capables d'attirer
leur attention. Dans ces conditions, la concision est un atout indéniable.
Plus vous faites court, plus vous êtes lus.
Vérifiez donc que vos textes soient suffisamment concis :
un titre qui tient sur une seule ligne, des phrases de 15 à
20 mots, des paragraphes courts. Evitez les phrases à
rallonge et scindez les paragraphes qui contiennent plusieurs idées.
Pour en savoir plus, lisez notre fiche-conseil : "Ecrire
concis".
2.3 Simplicité des tournures
Indépendamment de leur longueur, les phrases les plus simples
sont les plus efficaces. Ce n'est pas à la complexité
du vocabulaire utilisé qu'on juge le talent d'un rédacteur,
mais, bien au contraire, à sa capacité d'être percutant
avec des mots et des constructions simples.
Evitez les incises, les parenthèses, les subordonnées,
les doubles négations et autres tournures compliquées.
Préférez la voix active à la voix passive.
2.4 Absence de jargon
Le jargon est l'ennemi de la communication. Tous les secteurs sont
touchés : aussi bien les sites institutionnels, minés
par le jargon administratif, que les sites privés, frappés
par le jargon commercial ou technique.
Veillez à utiliser un vocabulaire compréhensible par la
totalité du public que vous visez. Chaque fois que vous utilisez
un terme technique ou un acronyme,
pensez à le définir.
2.5 Ton pertinent par rapport à
l'audience
Au-delà du jargon et de la simple nécessité d'être
compris, il est important d'adapter son style à l'audience visée.
Si vous vous adressez aux jeunes, vous éviterez d'être
trop protocolaires, sans tomber nécessairement dans la caricature.
Inversement, le tutoiement ou un style trop direct pourront heurter
un public moins acquis. De manière générale, utilisez
les termes qui "parlent" à votre public et qui collent
à la relation que vous désirez établir.
2.6 Ton pertinent par rapport à
l'organisation
Adapter son langage à l'utilisateur, c'est bien. Tant que cela
ne se fait pas au détriment de l'image de l'organisation. Un
fonctionnaire public, par exemple, même s'il est mû par
la volonté de rendre service à l'utilisateur, devra faire
preuve d'une certaine réserve dans ses écrits. Vérifiez
donc que les contenus publiés respectent le style de votre entreprise
ou de votre institution. Si nécessaire, instaurez un processus
de validation par la hiérarchie, le responsable de la
communication ou tout autre personne garante de l'image de l'entreprise.
Certaines organisations adoptent un glossaire commun ou mettent en place
une charte éditoriale, définissant des
règles stylistiques précises en matière de communication
ou de relation client.
2.7 Titres et hyperliens explicites
Les titres et les hyperliens sont les membres les plus importants d'une
page web. Ils focalisent une grande partie de l'attention des internautes
et conditionnent la navigation. Les titres sont susceptibles d'être
repris dans les moteurs de recherche, comme Google. Plus ils sont parlants,
plus ils sont explicites hors contexte, plus ils ont de chances d’attirer
les visiteurs. Les mots clés contenus dans les titres et les
hyperliens influencent également le positionnement dans les moteurs
de recherche.
Les titres devront être concis
(de 4 à 12 mots, tenant sur une seule ligne) et explicites (descriptifs
du contenu de la page et compréhensibles même hors contexte).
Ils contiendront des mots clés utiles au référencement.
Les titres en ligne pourront être accrocheurs à condition
de rester explicites. Les premiers mots du titre devront être
les plus signifiants.
Les hyperliens devront être
explicites (décrivant clairement ce vers quoi ils mènent),
ni trop courts ni trop longs (longueur optimale : entre 3 et 7
mots) et discriminants (non redondants, faciles à différencier).
Les hyperliens seront préférablement regroupés
en bas ou en marge de l'article, afin d'éviter d'abusives digressions.
Les liens pourront être séparés en différentes
catégories si nécessaire.
3.
Qualité de la structure
3.1. Fil rouge cohérent
L'article suit-il un fil rouge cohérent ?
Y a-t-il un début, un milieu et une fin ? Les paragraphes
s'enchaînent-ils naturellement ? A-t-on l'impression de suivre
un raisonnement logique ?
Il existe plusieurs façons de structurer un
texte : la narration chronologique, le raisonnement dialectique
"thèse-antithèse-synthèse", l'analyse
"problèmes-causes-conséquences", l'approche
comparative "avantages-inconvénients", la description
des faits, etc.
Quelle que soit la logique adoptée, ce qui importe, c'est que
l'article soit structuré.
3.2. Règle de la
pyramide inversée
Commence-t-on par le plus important ?
La règle de la pyramide inversée recommande de commencer
un article par l'information la plus importante, pour aller
ensuite progressivement vers le détail. Sur le web, les informations
essentielles d'une page doivent se trouver dans la partie visible à
l'écran lors de l'arrivée sur la page.
Evitez de diluer votre sujet en commençant par des introductions
inconsistantes, des précautions d'usage ou toute forme de digression...
Allez droit au but !
3.3 Chapeau contenant
l'essentiel
A-t-on prévu un chapeau qui résume
l'essentiel de l'article ?
Le chapeau, situé juste après le titre, généralement
en caractères gras, est un paragraphe un peu particulier dont
la fonction est de résumer le contenu de l’article. Sur
le Web, les chapeaux sont très utiles et leur taux de lecture
est très élevé.
Vérifiez qu'un chapeau a bien été prévu.
Assurez-vous que ce chapeau résume bel et bien l'essentiel de
l'information. Une bonne technique pour résumer une information
consiste à appliquer la règle
des 5 W, en fournissant des réponses concises à cinq
questions de base que se pose le lecteur : Who? What? When? Where? Why?
3.4 Conclusion engageante
L'article termine-t-il de manière engageante ?
Comme nous venons de le dire à travers la règle de la
pyramide inversée et celle du chapeau, un bon article en ligne
est censé commencer par la conclusion. On révèle
d'emblée les principaux enseignements, et on en vient seulement
ensuite au raisonnement qui a permis de tirer ces enseignements. Mais
alors, comment conclure efficacement ?
Pour ne pas laisser le lecteur sur sa faim, nous vous conseillons de
proposer, au bas de l'article, des liens "pour en savoir
plus" et d'inviter à l'interactivité
(contacter l'éditeur, s'abonner aux mises à jour, participer
à un forum, envoyer des suggestions,...). Vous pouvez aussi conclure
un article par une anecdote amusante ou disserter sur les implications
futures, l'évolution probable de la situation.
4.1. Intérêt
pour l'utilisateur
Le contenu présente-t-il un intérêt pour l'utilisateur ?
C'est la première question à se poser. Si la réponse
est "non", ne publiez pas. Point à la ligne. La
sélectivité est une grande qualité
éditoriale dans un monde de surinformation permanente.
Les contenus à valeur pratique, les contenus
originaux ou exclusifs, tout ce qui touche à l'argent, à
la vie quotidienne, à la santé, à la mort,
tout ce qui est nouveau ou inhabituel, tout ce qui touche les lieux
et les personnes qui nous sont familières, tout ce qui fait
peur ou tout ce qui fait envie, est susceptible d'intéresser
les lecteurs. Sans nécessairement verser dans le sensationnalisme,
privilégiez les informations à réelle valeur
ajoutée.
4.2 Intérêt pour l'organisation
Le contenu véhicule-t-il des messages cohérents
par rapport aux objectifs stratégiques de votre entreprise
ou institution ? Après avoir lu ce contenu, les utilisateurs
seront-ils plus susceptibles d'acheter vos produits ? Auront-ils
une vision plus positive de votre entreprise ? Seront-ils davantage
susceptibles d'agir dans le sens désiré ? Le
contenu est-il en phase avec votre positionnement ? Correspond-il
à votre promesse éditoriale ?
4.3. Actualité
Le contenu est-il d'actualité ?
La fraîcheur des contenus est un des critères essentiels
de fidélisation des visiteurs. Soit votre contenu s'inscrit
dans l'actualité (par exemple, l'annonce d'une conférence)
et il convient d'en contrôler la fraîcheur et la durée
de vie, soit ce contenu doit pouvoir présenter un intérêt
intemporel (par exemple, un dossier sur la psychanalyse).
Assurez-vous que les contenus soient bien datés.
Sur Internet, où cohabitent des informations très
diverses, des balises temporelles claires agiront comme des éléments
très rassurants.
4.4 Présence d'éléments
factuels
Les propos sont-ils étayés par des éléments
factuels consistants ?
Chiffres clés, noms propres,
repères chronologiques, références
juridiques ou documentaires,... Les données factuelles
donnent de la substance au contenu. Assurez-vous donc de disposer
d'informations objectives et précises.
4.5 Mise en contexte
L'information est-elle replacée dans son contexte ?
Est-elle positionnée dans le temps et dans l'espace ?
Les motivations à publier l'information sont-elles clairement
exprimées ?
Il est important de permettre à l'utilisateur de
se situer à travers cet Internet titanesque, immatériel
et volatile, où les pages croupissant depuis la préhistoire
du web côtoient les pages actualisées en temps réel,
et où la frontière est floue entre les contenus promotionnels
et les contenus informatifs. Donnez du sens à l'information.
Faites donc comprendre pour qui et pourquoi elle est là.
4.6 Présence de liens "pour
en savoir plus"
A-t-on prévu des liens "pour en savoir plus" ?
En reliant vos informations à un contexte plus global grâce
à l'hypertexte, vous profitez pleinement de la plus-value
d'Internet et augmentez la valeur de vos contenus. Faites des liens
vers les sources juridiques ou scientifiques, vers
les documents de background, vers les articles
connexes, des ressources multimédias,...
4.7 Exactitude
Les informations sont-elles exactes ? Les termes corrects
sont-ils utilisés ? Vos propos sont-ils pertinents du
point de vue scientifique ou juridique ?
Comme tout bon journaliste, vérifiez l'exactitude des données
que vous exploitez. Recoupez l'information et comparez
les sources.
Le document pourra être adapté, si nécessaire,
à vos besoins plus spécifiques.
Toute suggestion d'amélioration est la bienvenue. Ecrivez-nous !
5. Pour
en savoir plus ...
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