Grille de contrôle qualité des contenus
Par Jean-Marc Hardy – novembre 2005
L'évaluation de la qualité d'un contenu en ligne repose sur toute une série de paramètres. Pour être certain de ne rien oublier, il peut être utile d'appliquer une grille de critères prédéfinis. Le document type que nous proposons ici intéressera au premier plan les responsables éditoriaux soucieux de mettre en place un processus systématique de contrôle qualité de la production éditoriale.
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Sommaire de l'article :
Notre grille de contrôle qualité comprend quatre volets, que nous décortiquons ici.
1. Qualité de la présentation
1.1 Aération
Le document est-il suffisamment aéré ?
Rien de plus difficile que de lire un texte en
bloc à l'écran.
Le spécialiste de l'expérience utilisateur, Jakob Nielsen, épingle
d'ailleurs les blocs de texte indifférencié comme une
des erreurs principales actuellement commises sur le Web.
Veillez à découper votre contenu en utilisant des paragraphes distincts
pour séparer les différentes idées. Suivez l'exemple des articles
de la BBC, aux paragraphes très courts.
Toutefois, évitez les espaces perdus. Le texte doit être
aéré, certes, mais la mise en page doit rester soutenue.
1.2 Longueur
Le texte n'est-il pas trop long ? N'est-il pas trop court ?
La longueur d'un texte en ligne peut bien évidemment varier en fonction
des situations : page d'accueil, fiche-produit, article de fond,...
Dans les pages intérieures, nous conseillons de ne pas dépasser
l'équivalent de trois ou quatre écrans standard, soit
environ 5000 caractères maximum. Au-delà de cette limite, la
consultation en ligne devient moins confortable.
Les longues pages nécessitent un traitement tout particulier :
sommaire interactif, boutons permettant de retourner au sommet de la page,
intertitres, version imprimable,...
A l'inverse, un visiteur peut se sentir frustré lorsqu'il consulte une
information trop maigre qui le laisse dans une impasse. Prévoyez minimum
500 caractères pour étayer l'information.
1.3 Eléments saillants
Les informations clés et les mots importants sont-ils mis en évidence ?
80% du temps, les internautes balayent les pages plutôt
que de les lire mot à mot. Il est donc important de prévoir des éléments
qui accrochent l'oeil. Les titres, les sous-titres, les listes à puces,
les mots en gras, les citations mises en exergue,... sont autant d'éléments
saillants qui peuvent accrocher l'attention du visiteur, lui permettre de se
faire rapidement une idée du contenu et l'inciter à une lecture
détaillée.
Pour en savoir plus, lisez notre fiche-conseil : "Mettre
le contenu en relief".
1.4 Visuels
Posez-vous les questions suivantes concernant l'usage de visuels dans
la page :
A-t-on recours aux visuels ? Certains éléments
d'information, les lieux ou les personnes dont on parle, certains
mécanismes ou certains chiffres clés ne méritent-ils
pas d'être traités de manière visuelle ?
Quel est l'intérêt des visuels ? Les
images ralentissent les performances de votre site web en termes
de temps de téléchargement. Veillez à ce qu'elles
en vaillent la peine. Privilégiez les images informatives
plutôt que simplement décoratives.
Les visuels sont-ils bien intégrés au texte ? Les
visuels étroitement intégrés au texte semblent
plus efficaces que les visuels trop périphériques.
Ils sont perçus par le visiteur comme faisant partie intégrante
du contenu, ils ne sont pas assimilés à de la publicité,
et leur taux de visibilité en est supérieur.
A-t-on prévu une légende et un texte alternatif ? La
légende permet de donner du sens à l'image, en relation
avec le texte. Le texte alternatif permet aux moteurs de recherche
et aux personnes aveugles d'accéder à une description
du contenu de l'image.
Le nombre, la taille et le poids des images est-il optimisé ? Avant
publication sur Internet, les images doivent impérativement être
optimisées à l'aide d'un logiciel prévu à cet
effet. Sans différence visible à l'oeil nu, le poids
d'une image pourra souvent être diminué par dix. Veillez à ce
que les images ne soient pas trop nombreuses. Sauf cas particulier,
une ou deux images devraient suffire à illustrer un article
de fond. Assurez-vous que la taille des images reste équilibrée
par rapport au texte.
La qualité des images est-elle suffisante ? Vérifiez
que le contenu des images reste lisible (à l'écran,
les gros plans sur des détails ou sur des visages sont souvent
plus efficaces que les plans panoramiques). Vérifiez la qualité du
contraste, de la luminosité et du cadrage.
Pour en savoir plus, lisez notre fiche-conseil : "Intégrer
les visuels".
2. Qualité du style
2.1 Orthographe et grammaire
Il n'y a aucune raison de prendre des libertés par rapport aux
règles de grammaire et d'orthographe sous prétexte qu'on
publie en ligne. Bien au contraire, Internet a besoin de crédibilité et
certaines études ont démontré que la présence
d'une seule faute d'orthographe sur une page d'accueil ou dans un article
en ligne suffit à diminuer la confiance que les visiteurs accordent à son
contenu.
L'idéal reste de faire relire attentivement le document par une tierce
personne. A défaut d'une telle relecture, le strict minimum est d'utiliser
un correcteur orthographique et grammatical automatique, fourni avec la plupart
des logiciels de traitement de texte. Les dictionnaires
en ligne sont là aussi pour vous aider.
2.2 Concision
La lecture à l'écran est moins confortable que la lecture
d'un imprimé : l'espace est réduit, partagé entre
le contenu et les fonctionnalités de navigation, les écrans
scintillent et augmentent l'effort nécessaire pour se concentrer.
Les internautes balayent les pages de manière expéditive à la
recherche de "microcontenus" capables d'attirer leur attention.
Dans ces conditions, la concision est un atout indéniable. Plus
vous faites court, plus vous êtes lus.
Vérifiez donc que vos textes soient suffisamment concis : un
titre qui tient sur une seule ligne, des phrases de 15 à 20 mots, des
paragraphes courts. Evitez les phrases à rallonge et scindez
les paragraphes qui contiennent plusieurs idées.
Pour en savoir plus, lisez notre fiche-conseil : "Ecrire
concis".
2.3 Simplicité des tournures
Indépendamment de leur longueur, les phrases les plus simples
sont les plus efficaces. Ce n'est pas à la complexité du
vocabulaire utilisé qu'on juge le talent d'un rédacteur,
mais, bien au contraire, à sa capacité d'être percutant
avec des mots et des constructions simples.
Evitez les incises, les parenthèses, les subordonnées, les doubles
négations et autres tournures compliquées.
Préférez la voix active à la voix passive.
2.4 Absence de jargon
Le jargon est l'ennemi de la communication. Tous les secteurs sont touchés :
aussi bien les sites institutionnels, minés par le jargon administratif,
que les sites privés, frappés par le jargon commercial
ou technique.
Veillez à utiliser un vocabulaire compréhensible par la totalité du
public que vous visez. Chaque fois que vous utilisez un terme technique ou
un acronyme, pensez à le définir.
2.5 Ton pertinent par rapport à l'audience
Au-delà du jargon et de la simple nécessité d'être compris, il est important d'adapter son style à l'audience visée. Si vous vous adressez aux jeunes, vous éviterez d'être trop protocolaires, sans tomber nécessairement dans la caricature. Inversement, le tutoiement ou un style trop direct pourront heurter un public moins acquis. De manière générale, utilisez les termes qui "parlent" à votre public et qui collent à la relation que vous désirez établir.
2.6 Ton pertinent par rapport à l'organisation
Adapter son langage à l'utilisateur, c'est bien. Tant que cela
ne se fait pas au détriment de l'image de l'organisation. Un fonctionnaire
public, par exemple, même s'il est mû par la volonté de
rendre service à l'utilisateur, devra faire preuve d'une certaine
réserve dans ses écrits. Vérifiez donc que les contenus
publiés respectent le style de votre entreprise ou de votre institution.
Si nécessaire, instaurez un processus de validation par
la hiérarchie, le responsable de la communication ou tout autre
personne garante de l'image de l'entreprise.
Certaines organisations adoptent un glossaire commun ou mettent en place une charte éditoriale,
définissant des règles stylistiques précises en matière
de communication ou de relation client.
2.7 Titres et hyperliens explicites
Les titres et les hyperliens sont les membres les plus importants d'une
page web. Ils focalisent une grande partie de l'attention des internautes
et conditionnent la navigation. Les titres sont susceptibles d'être
repris dans les moteurs de recherche, comme Google. Plus ils sont parlants,
plus ils sont explicites hors contexte, plus ils ont de chances d’attirer
les visiteurs. Les mots clés contenus dans les titres et les hyperliens
influencent également le positionnement dans les moteurs de recherche.
Les titres devront être concis
(de 4 à 12 mots, tenant sur une seule ligne) et explicites
(descriptifs du contenu de la page et compréhensibles même
hors contexte). Ils contiendront des mots clés utiles au référencement.
Les titres en ligne pourront être accrocheurs à condition
de rester explicites. Les premiers mots du titre devront être
les plus signifiants.
Les hyperliens devront être
explicites (décrivant clairement ce vers quoi ils mènent),
ni trop courts ni trop longs (longueur optimale : entre 3 et
7 mots) et discriminants (non redondants, faciles à différencier).
Les hyperliens seront préférablement regroupés
en bas ou en marge de l'article, afin d'éviter d'abusives
digressions. Les liens pourront être séparés
en différentes catégories si nécessaire.
3. Qualité de la structure
3.1. Fil rouge cohérent
L'article suit-il un fil rouge cohérent ? Y
a-t-il un début, un milieu et une fin ? Les paragraphes s'enchaînent-ils
naturellement ? A-t-on l'impression de suivre un raisonnement logique ?
Il existe plusieurs façons de structurer un texte :
la narration chronologique, le raisonnement dialectique "thèse-antithèse-synthèse",
l'analyse "problèmes-causes-conséquences", l'approche
comparative "avantages-inconvénients", la description des
faits, etc.
Quelle que soit la logique adoptée, ce qui importe, c'est que l'article
soit structuré.
3.2. Règle de la pyramide inversée
Commence-t-on par le plus important ?
La règle de la pyramide inversée recommande de commencer
un article par l'information la plus importante, pour aller ensuite
progressivement vers le détail. Sur le web, les informations essentielles
d'une page doivent se trouver dans la partie visible à l'écran
lors de l'arrivée sur la page.
Evitez de diluer votre sujet en commençant par des introductions inconsistantes,
des précautions d'usage ou toute forme de digression... Allez droit
au but !
3.3 Chapeau contenant l'essentiel
A-t-on prévu un chapeau qui résume l'essentiel
de l'article ?
Le chapeau, situé juste après le titre, généralement
en caractères gras, est un paragraphe un peu particulier dont la fonction
est de résumer le contenu de l’article. Sur le Web, les chapeaux
sont très utiles et leur taux de lecture est très élevé.
Vérifiez qu'un chapeau a bien été prévu. Assurez-vous
que ce chapeau résume bel et bien l'essentiel de l'information. Une
bonne technique pour résumer une information consiste à appliquer
la règle des 5 W, en
fournissant des réponses concises à cinq questions de base que
se pose le lecteur : Who? What? When? Where? Why?
3.4 Conclusion engageante
L'article termine-t-il de manière engageante ?
Comme nous venons de le dire à travers la règle de la pyramide
inversée et celle du chapeau, un bon article en ligne est censé commencer
par la conclusion. On révèle d'emblée les principaux enseignements,
et on en vient seulement ensuite au raisonnement qui a permis de tirer ces
enseignements. Mais alors, comment conclure efficacement ?
Pour ne pas laisser le lecteur sur sa faim, nous vous conseillons de proposer,
au bas de l'article, des liens "pour en savoir plus" et
d'inviter à l'interactivité (contacter l'éditeur,
s'abonner aux mises à jour, participer à un forum, envoyer des
suggestions,...). Vous pouvez aussi conclure un article par une anecdote amusante
ou disserter sur les implications futures, l'évolution probable de la
situation.
4. Qualités de fond
4.1. Intérêt pour l'utilisateur
Le contenu présente-t-il un intérêt pour l'utilisateur ?
C'est la première question à se poser. Si la réponse
est "non", ne publiez pas. Point à la ligne. La sélectivité est
une grande qualité éditoriale dans un monde de surinformation
permanente.
Les contenus à valeur pratique, les contenus originaux
ou exclusifs, tout ce qui touche à l'argent, à la vie quotidienne, à la
santé, à la mort, tout ce qui est nouveau ou inhabituel,
tout ce qui touche les lieux et les personnes qui nous sont familières,
tout ce qui fait peur ou tout ce qui fait envie, est susceptible d'intéresser
les lecteurs. Sans nécessairement verser dans le sensationnalisme,
privilégiez les informations à réelle valeur ajoutée.
4.2 Intérêt pour l'organisation
Le contenu véhicule-t-il des messages cohérents par rapport aux objectifs stratégiques de votre entreprise ou institution ? Après avoir lu ce contenu, les utilisateurs seront-ils plus susceptibles d'acheter vos produits ? Auront-ils une vision plus positive de votre entreprise ? Seront-ils davantage susceptibles d'agir dans le sens désiré ? Le contenu est-il en phase avec votre positionnement ? Correspond-il à votre promesse éditoriale ?
4.3. Actualité
Le contenu est-il d'actualité ?
La fraîcheur des contenus est un des critères essentiels de
fidélisation des visiteurs. Soit votre contenu s'inscrit
dans l'actualité (par exemple, l'annonce d'une conférence)
et il convient d'en contrôler la fraîcheur et la durée
de vie, soit ce contenu doit pouvoir présenter un intérêt
intemporel (par exemple, un dossier sur la psychanalyse).
Assurez-vous que les contenus soient bien datés.
Sur Internet, où cohabitent des informations très diverses,
des balises temporelles claires agiront comme des éléments
très rassurants.
4.4 Présence d'éléments factuels
Les propos sont-ils étayés par des éléments
factuels consistants ?
Chiffres clés, noms propres, repères
chronologiques, références
juridiques ou documentaires,... Les données
factuelles donnent de la substance au contenu. Assurez-vous
donc de disposer d'informations objectives et précises.
4.5 Mise en contexte
L'information est-elle replacée dans son contexte ?
Est-elle positionnée dans le temps et dans l'espace ?
Les motivations à publier l'information sont-elles clairement
exprimées ?
Il est important de permettre à l'utilisateur de se situer à travers
cet Internet titanesque, immatériel et volatile, où les pages
croupissant depuis la préhistoire du web côtoient les pages
actualisées en temps réel, et où la frontière
est floue entre les contenus promotionnels et les contenus informatifs.
Donnez du sens à l'information. Faites donc comprendre pour qui
et pourquoi elle est là.
4.6 Présence de liens "pour en savoir plus"
A-t-on prévu des liens "pour en savoir plus" ?
En reliant vos informations à un contexte plus global grâce à l'hypertexte,
vous profitez pleinement de la plus-value d'Internet et augmentez la valeur
de vos contenus. Faites des liens vers les sources juridiques
ou scientifiques, vers les documents de background, vers les articles
connexes, des ressources multimédias,...
4.7 Exactitude
Les informations sont-elles exactes ? Les termes corrects sont-ils
utilisés ? Vos propos sont-ils pertinents du point de
vue scientifique ou juridique ?
Comme tout bon journaliste, vérifiez l'exactitude des données
que vous exploitez. Recoupez l'information et comparez
les sources.
Sans plus attendre, téléchargez
la grille de contrôle qualité !
Le document pourra être adapté, si nécessaire, à vos
besoins plus spécifiques.
Toute suggestion d'amélioration est la bienvenue. Ecrivez-nous !
Sur Redaction.be :
- Les critères de qualité du contenu [Article écrit en 2001 et réactualisé en 2005]
- 60 questions pour évaluer
la qualité de votre site web [mars 2004]
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- Durant nos formations à l'écriture web, nous analysons les critères qui font la qualité éditoriale des contenus en ligne.



