
Par Jean-Marc Hardy
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L'évaluation de la qualité d'un contenu en ligne repose sur toute une série de paramètres. Pour être certain de ne rien oublier, il peut être utile d'appliquer une grille de critères prédéfinis. Le document type que nous proposons ici intéressera au premier plan les responsables éditoriaux soucieux de mettre en place un processus systématique de contrôle qualité de la production éditoriale.
| Télécharger la grille de contrôle qualité [au format PDF] |
| Sommaire de l'article : Notre grille de contrôle qualité comprend quatre volets, que nous décortiquons ici. |
1.1 Aération
Le document est-il suffisamment aéré ?
Rien de plus difficile que de lire un
texte en bloc à l'écran.
Le spécialiste de l'expérience utilisateur, Jakob
Nielsen, épingle d'ailleurs les blocs de texte indifférencié
comme une
des erreurs principales actuellement commises sur le Web.
Veillez à découper votre contenu en utilisant des
paragraphes distincts pour séparer les
différentes idées. Suivez l'exemple des articles
de la BBC, aux paragraphes très courts.
Toutefois, évitez les espaces perdus.
Le texte doit être aéré, certes, mais la mise
en page doit rester soutenue.
1.2 Longueur
Le texte n'est-il pas trop long ? N'est-il pas trop court ?
La longueur d'un texte en ligne peut bien évidemment varier
en fonction des situations : page d'accueil, fiche-produit,
article de fond,...
Dans les pages intérieures, nous conseillons de ne
pas dépasser l'équivalent de trois ou quatre écrans
standard, soit environ 5000 caractères maximum. Au-delà
de cette limite, la consultation en ligne devient moins confortable.
Les longues pages nécessitent un traitement tout particulier :
sommaire interactif, boutons permettant de retourner au sommet
de la page, intertitres, version imprimable,...
A l'inverse, un visiteur peut se sentir frustré lorsqu'il
consulte une information trop maigre qui le laisse dans une impasse.
Prévoyez minimum 500 caractères
pour étayer l'information.
1.3 Eléments saillants
Les informations clés et les mots importants sont-ils
mis en évidence ?
80% du temps, les internautes
balayent les pages plutôt que de les lire mot à
mot. Il est donc important de prévoir des éléments
qui accrochent l'oeil. Les titres, les sous-titres, les listes
à puces, les mots en gras, les citations mises en exergue,...
sont autant d'éléments saillants qui peuvent accrocher
l'attention du visiteur, lui permettre de se faire rapidement
une idée du contenu et l'inciter à une lecture détaillée.
Pour en savoir plus, lisez notre fiche-conseil : "Mettre
le contenu en relief".
1.4 Visuels
Posez-vous les questions suivantes concernant l'usage de visuels
dans la page :
A-t-on recours aux visuels ? Certains éléments
d'information, les lieux ou les personnes dont on parle, certains
mécanismes ou certains chiffres clés ne méritent-ils
pas d'être traités de manière visuelle ?
Quel est l'intérêt des visuels ? Les
images ralentissent les performances de votre site web en termes
de temps de téléchargement. Veillez à ce
qu'elles en vaillent la peine. Privilégiez les images informatives
plutôt que simplement décoratives.
Les visuels sont-ils bien intégrés au texte ?
Les visuels étroitement intégrés au texte
semblent plus efficaces que les visuels trop périphériques.
Ils sont perçus par le visiteur comme faisant partie intégrante
du contenu, ils ne sont pas assimilés à de la publicité,
et leur taux de visibilité en est supérieur.
A-t-on prévu une légende et un texte alternatif ?
La légende permet de donner du sens à l'image, en
relation avec le texte. Le texte alternatif permet aux moteurs
de recherche et aux personnes aveugles d'accéder à
une description du contenu de l'image.
Le nombre, la taille et le poids des images est-il optimisé ?
Avant publication sur Internet, les images doivent impérativement
être optimisées à l'aide d'un logiciel prévu
à cet effet. Sans différence visible à l'oeil
nu, le poids d'une image pourra souvent être diminué
par dix. Veillez à ce que les images ne soient pas trop
nombreuses. Sauf cas particulier, une ou deux images devraient
suffire à illustrer un article de fond. Assurez-vous que
la taille des images reste équilibrée par rapport
au texte.
La qualité des images est-elle suffisante ?
Vérifiez que le contenu des images reste lisible (à
l'écran, les gros plans sur des détails ou sur des
visages sont souvent plus efficaces que les plans panoramiques).
Vérifiez la qualité du contraste, de la luminosité
et du cadrage.
Pour en savoir plus, lisez notre fiche-conseil : "Intégrer
les visuels".
2.1 Orthographe et grammaire
Il n'y a aucune raison de prendre des libertés par rapport
aux règles de grammaire et d'orthographe sous prétexte
qu'on publie en ligne. Bien au contraire, Internet a besoin de
crédibilité et certaines études ont démontré
que la présence d'une seule faute d'orthographe sur une
page d'accueil ou dans un article en ligne suffit à diminuer
la confiance que les visiteurs accordent à son contenu.
L'idéal reste de faire relire attentivement le document
par une tierce personne. A défaut d'une telle relecture,
le strict minimum est d'utiliser un correcteur orthographique
et grammatical automatique, fourni avec la plupart des logiciels
de traitement de texte. Les dictionnaires
en ligne sont là aussi pour vous aider.
2.2 Concision
La lecture à l'écran est moins confortable que
la lecture d'un imprimé : l'espace est réduit,
partagé entre le contenu et les fonctionnalités
de navigation, les écrans scintillent et augmentent l'effort
nécessaire pour se concentrer. Les internautes balayent
les pages de manière expéditive à la recherche
de "microcontenus" capables d'attirer leur attention.
Dans ces conditions, la concision est un atout indéniable.
Plus vous faites court, plus vous êtes lus.
Vérifiez donc que vos textes soient suffisamment concis :
un titre qui tient sur une seule ligne, des phrases de
15 à 20 mots, des paragraphes courts. Evitez les
phrases à rallonge et scindez les paragraphes qui contiennent
plusieurs idées.
Pour en savoir plus, lisez notre fiche-conseil : "Ecrire
concis".
2.3 Simplicité des tournures
Indépendamment de leur longueur, les phrases les plus
simples sont les plus efficaces. Ce n'est pas à la complexité
du vocabulaire utilisé qu'on juge le talent d'un rédacteur,
mais, bien au contraire, à sa capacité d'être
percutant avec des mots et des constructions simples.
Evitez les incises, les parenthèses, les subordonnées,
les doubles négations et autres tournures compliquées.
Préférez la voix active à la voix passive.
2.4 Absence de jargon
Le jargon est l'ennemi de la communication. Tous les secteurs
sont touchés : aussi bien les sites institutionnels,
minés par le jargon administratif, que les sites privés,
frappés par le jargon commercial ou technique.
Veillez à utiliser un vocabulaire compréhensible
par la totalité du public que vous visez. Chaque fois que
vous utilisez un terme technique ou un acronyme,
pensez à le définir.
2.5 Ton pertinent par rapport à l'audience
Au-delà du jargon et de la simple nécessité d'être compris, il est important d'adapter son style à l'audience visée. Si vous vous adressez aux jeunes, vous éviterez d'être trop protocolaires, sans tomber nécessairement dans la caricature. Inversement, le tutoiement ou un style trop direct pourront heurter un public moins acquis. De manière générale, utilisez les termes qui "parlent" à votre public et qui collent à la relation que vous désirez établir.
2.6 Ton pertinent par rapport à l'organisation
Adapter son langage à l'utilisateur, c'est bien. Tant
que cela ne se fait pas au détriment de l'image de l'organisation.
Un fonctionnaire public, par exemple, même s'il est mû
par la volonté de rendre service à l'utilisateur,
devra faire preuve d'une certaine réserve dans ses écrits.
Vérifiez donc que les contenus publiés respectent
le style de votre entreprise ou de votre institution. Si nécessaire,
instaurez un processus de validation par la hiérarchie,
le responsable de la communication ou tout autre personne garante
de l'image de l'entreprise.
Certaines organisations adoptent un glossaire commun ou mettent
en place une charte éditoriale, définissant
des règles stylistiques précises en matière
de communication ou de relation client.
2.7 Titres et hyperliens explicites
Les titres et les hyperliens sont les membres les plus importants
d'une page web. Ils focalisent une grande partie de l'attention
des internautes et conditionnent la navigation. Les titres sont
susceptibles d'être repris dans les moteurs de recherche,
comme Google. Plus ils sont parlants, plus ils sont explicites
hors contexte, plus ils ont de chances d’attirer les visiteurs.
Les mots clés contenus dans les titres et les hyperliens
influencent également le positionnement dans les moteurs
de recherche.
Les titres devront être
concis (de 4 à 12 mots, tenant sur une seule ligne) et
explicites (descriptifs du contenu de la page et compréhensibles
même hors contexte). Ils contiendront des mots clés
utiles au référencement. Les titres en ligne pourront
être accrocheurs à condition de rester explicites.
Les premiers mots du titre devront être les plus signifiants.
Les hyperliens devront être
explicites (décrivant clairement ce vers quoi ils mènent),
ni trop courts ni trop longs (longueur optimale : entre 3
et 7 mots) et discriminants (non redondants, faciles à
différencier). Les hyperliens seront préférablement
regroupés en bas ou en marge de l'article, afin d'éviter
d'abusives digressions. Les liens pourront être séparés
en différentes catégories si nécessaire.
3.1. Fil rouge cohérent
L'article suit-il un fil rouge cohérent ?
Y a-t-il un début, un milieu et une fin ? Les paragraphes
s'enchaînent-ils naturellement ? A-t-on l'impression
de suivre un raisonnement logique ?
Il existe plusieurs façons de structurer
un texte : la narration chronologique, le raisonnement dialectique
"thèse-antithèse-synthèse", l'analyse
"problèmes-causes-conséquences", l'approche
comparative "avantages-inconvénients", la description
des faits, etc.
Quelle que soit la logique adoptée, ce qui importe, c'est
que l'article soit structuré.
3.2. Règle de la pyramide inversée
Commence-t-on par le plus important ?
La règle de la pyramide inversée recommande de commencer
un article par l'information la plus importante, pour
aller ensuite progressivement vers le détail. Sur le web,
les informations essentielles d'une page doivent se trouver dans
la partie visible à l'écran lors de l'arrivée
sur la page.
Evitez de diluer votre sujet en commençant par des introductions
inconsistantes, des précautions d'usage ou toute forme
de digression... Allez droit au but !
3.3 Chapeau contenant l'essentiel
A-t-on prévu un chapeau qui résume
l'essentiel de l'article ?
Le chapeau, situé juste après le titre, généralement
en caractères gras, est un paragraphe un peu particulier
dont la fonction est de résumer le contenu de l’article.
Sur le Web, les chapeaux sont très utiles et leur taux
de lecture est très élevé.
Vérifiez qu'un chapeau a bien été prévu.
Assurez-vous que ce chapeau résume bel et bien l'essentiel
de l'information. Une bonne technique pour résumer une
information consiste à appliquer la règle
des 5 W, en fournissant des réponses concises à
cinq questions de base que se pose le lecteur : Who? What? When?
Where? Why?
3.4 Conclusion engageante
L'article termine-t-il de manière engageante ?
Comme nous venons de le dire à travers la règle
de la pyramide inversée et celle du chapeau, un bon article
en ligne est censé commencer par la conclusion. On révèle
d'emblée les principaux enseignements, et on en vient seulement
ensuite au raisonnement qui a permis de tirer ces enseignements.
Mais alors, comment conclure efficacement ?
Pour ne pas laisser le lecteur sur sa faim, nous vous conseillons
de proposer, au bas de l'article, des liens "pour
en savoir plus" et d'inviter à l'interactivité
(contacter l'éditeur, s'abonner aux mises à jour,
participer à un forum, envoyer des suggestions,...). Vous
pouvez aussi conclure un article par une anecdote amusante ou
disserter sur les implications futures, l'évolution probable
de la situation.
4.1. Intérêt
pour l'utilisateur
Le contenu présente-t-il un intérêt pour
l'utilisateur ?
C'est la première question à se poser. Si la
réponse est "non", ne publiez pas. Point
à la ligne. La sélectivité
est une grande qualité éditoriale dans un monde
de surinformation permanente.
Les contenus à valeur pratique, les
contenus originaux ou exclusifs, tout ce qui touche à
l'argent, à la vie quotidienne, à la santé,
à la mort, tout ce qui est nouveau ou inhabituel, tout
ce qui touche les lieux et les personnes qui nous sont familières,
tout ce qui fait peur ou tout ce qui fait envie, est susceptible
d'intéresser les lecteurs. Sans nécessairement
verser dans le sensationnalisme, privilégiez les informations
à réelle valeur ajoutée.
4.2 Intérêt pour l'organisation
Le contenu véhicule-t-il des messages cohérents par rapport aux objectifs stratégiques de votre entreprise ou institution ? Après avoir lu ce contenu, les utilisateurs seront-ils plus susceptibles d'acheter vos produits ? Auront-ils une vision plus positive de votre entreprise ? Seront-ils davantage susceptibles d'agir dans le sens désiré ? Le contenu est-il en phase avec votre positionnement ? Correspond-il à votre promesse éditoriale ?
4.3. Actualité
Le contenu est-il d'actualité ?
La fraîcheur des contenus est un des critères
essentiels de fidélisation des visiteurs. Soit votre
contenu s'inscrit dans l'actualité
(par exemple, l'annonce d'une conférence) et il convient
d'en contrôler la fraîcheur et la durée
de vie, soit ce contenu doit pouvoir présenter un intérêt
intemporel (par exemple, un dossier sur la psychanalyse).
Assurez-vous que les contenus soient bien datés.
Sur Internet, où cohabitent des informations très
diverses, des balises temporelles claires agiront comme des
éléments très rassurants.
4.4 Présence d'éléments factuels
Les propos sont-ils étayés par des éléments
factuels consistants ?
Chiffres clés, noms propres,
repères chronologiques, références
juridiques ou documentaires,... Les données
factuelles donnent de la substance au contenu. Assurez-vous
donc de disposer d'informations objectives et précises.
4.5 Mise en contexte
L'information est-elle replacée dans son contexte ?
Est-elle positionnée dans le temps et dans l'espace ?
Les motivations à publier l'information sont-elles
clairement exprimées ?
Il est important de permettre à l'utilisateur
de se situer à travers cet Internet titanesque,
immatériel et volatile, où les pages croupissant
depuis la préhistoire du web côtoient les pages
actualisées en temps réel, et où la frontière
est floue entre les contenus promotionnels et les contenus
informatifs. Donnez du sens à l'information. Faites
donc comprendre pour qui et pourquoi elle est là.
4.6 Présence de liens "pour en savoir plus"
A-t-on prévu des liens "pour en savoir plus" ?
En reliant vos informations à un contexte plus global
grâce à l'hypertexte, vous profitez pleinement
de la plus-value d'Internet et augmentez la valeur de vos
contenus. Faites des liens vers les sources juridiques
ou scientifiques, vers les documents de background,
vers les articles connexes, des ressources
multimédias,...
4.7 Exactitude
Les informations sont-elles exactes ? Les termes corrects
sont-ils utilisés ? Vos propos sont-ils pertinents
du point de vue scientifique ou juridique ?
Comme tout bon journaliste, vérifiez l'exactitude des
données que vous exploitez. Recoupez l'information
et comparez les sources.
Sans plus attendre, téléchargez la grille de contrôle qualité ! |
Le document pourra être adapté, si nécessaire,
à vos besoins plus spécifiques.
Toute suggestion d'amélioration est la bienvenue. Ecrivez-nous !
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© Jean-Marc Hardy - Qwentes KANTOR - 2005