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A R T I C L E
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Ecrire concis
La concision, c'est l'ergonomie de l'écrivain, c'est obtenir le même résultat informatif en moins de mots, en moins de phrases, moyennant moins de "bruit" (au sens linguistique du terme). La concision est une qualité précieuse pour l'écrivain ou pour le journaliste, quel que soit le support pour lequel il travaille. Mais ce qui est un atout au niveau de l'écriture traditionnelle devient une véritable nécessité au niveau de l'Internet, dans un contexte où la lecture (à l'écran) est plus difficile et où les internautes lisent en diagonale. Voulez-vous trop en dire ou tomber dans d'excessives digressions ou précautions de langage ?... Vous finirez par ne plus être lus du tout ! En fait, l'écriture en ligne a beaucoup de points communs avec le style utilisé en radio. De manière générale, vous privilégierez donc :
Vous éviterez les pléonasmes (du genre "absolument essentiel" ou "bilan général"). Entre deux mots, vous choisirez le moindre ! Ainsi, vous préférerez "usage" à "utilisation", "trier" plutôt que "sélectionner", "avant" plutôt que "antérieurement",... pourvu que l'apport sémantique soit le même, évidemment ! A ce propos, il est intéressant de constater que les mots concrets sont, en moyenne, plus courts que les mots abstraits. Comme l'indique Joris Vandendooren dans son mémoire intitulé "Ecriture journalistique.com" (le site n'est plus en ligne), s'appuyant en particulier sur les travaux de Henry et Barrier, 80% des mots courts, c'est-à-dire de maximum quatre syllabes, sont des mots concrets, désignant des réalités palpables. Par exemple, "école" est un nom concret tandis que "scolarité" n'en est pas un.
Attention, toutefois ! Ne poussez pas la concision jusqu'à l'imprécision ! Au niveau des hypertextes, en particulier, il convient d'être très explicite et suffisamment informatif. De même, il est conseillé de ne pas abuser des abréviations, sigles et autres acronymes qui ne sont pas forcément compris par tout le monde.
Georges Henry, professeur à l'Université
de Liège, comme François Richaudeau, chercheur spécialisé
dans l'analyse de la lecture, sont d'accord sur ce point :
une phrase ne devrait pas dépasser 15 à 20 mots.
Ce chiffre n'a rien d'innocent ; il correspond à l'empan
mnésique, soit notre capacité moyenne de rétention
immédiate des informations. La ponctuation a évidemment
beaucoup d'importance ; elle permet de découper les longues
phrases. RéférencesUne étude de suivi du regard ("eye tracking study") a été menée à bien, en 2004, par The Poynter Institute, en collaboration avec The Estlow Center for Journalism & New Media, ainsi que la société Eyetools. Cette étude démontre, entre autre, l'intérêt de rédiger des paragraphes et des accroches concises. Les résultats détaillés de l'étude sont publiés ici : http://www.poynterextra.org/eyetrack2004/. Une étude intitulée Web-Reading Study et réalisée par John Morkes et Jakob Nielsen en 1997, indique à quel point la lisibilité d'un texte augmente lorsqu'on respecte les trois principes de base que sont la concision, la mise en relief et l'écriture objective et factuelle (par opposition au langage promotionnel). Les documents détaillés ayant servi à cette étude sont également disponibles.
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© Jean-Marc Hardy, 2001-2009.
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