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L'utilisation de l'hypertexte

Sommaire :
Y
a-t-il un nombre de liens maximum recommandé ?
L'ennemi de l'hypertexte, c'est
l'hypertexte lui-même... Abusez de l'hypertexte et vous ne tarderez
pas à dérouter votre visiteur. Evitez donc l'effet
"labyrinthe" dans la mesure du possible ! Un
utilisateur ne devrait jamais avoir à explorer des forêts de boutons
pour obtenir de simples informations.
Il est toujours délicat
de proférer une règle absolue tant les choses peuvent
dépendre du contexte (par exemple, il est communément
admis qu'un moteur de recherche ou un média généraliste
proposera une grande densité de liens, par comparaison avec
un site d'institution ou d'entreprise). Néanmoins, voici quelques
ordres de grandeur largement partagés :
- Ne pas dépasser 7 hyperliens à
un même niveau (Plusieurs études neurophysiologiques
indiquent que notre cerveau est capable de prendre en compte, d'un
seul coup, 7 "paquets" d'informations. Au-delà de ce chiffre, nous
passons à un mode de lecture morcelé, nettement moins efficace.
C'est tout à fait sérieux. Si vos hyperliens sont trop nombreux,
découpez donc l'information en plusieurs sous-groupes !)
- Maximum 20 hyperliens sur votre page d'accueil (A moins
que vous ne vous présentiez comme un portail)
- Maximum 5 hyperliens intégrés au contenu
(Sous peine de provoquer d'excessives digressions !)
Faut-il
intégrer les liens dans le corps de l'article ?
Les liens sont intéressants
pour proposer de l'information complémentaire, mais ils sont
aussi une affreuse incitation à la digression !
Au sein d'un article, les liens entrent clairement en compétition
avec le principe économico-journalistique qui veut que l'on
accroche le lecteur et qu'on essaie de le garder.
C'est la raison pour laquelle,
dans la mesure du possible, nous vous conseillons de détacher
vos liens du corps même de l'article. Vous pourrez intégrer
4 ou 5 liens, particulièrement pertinents, mais pas beaucoup
plus.
Les liens qui fonctionnent le
mieux de manière intégrée sont, en général,
les liens en relation très étroite avec le contenu,
voire nécessaires à sa compréhension : des
liens du type "notes de rédaction", "définition"
ou "exemple associé". Un bon exemple de ce type de
lien est le lien "effet labyrinthe" que vous retrouverez
au sommet de cette page. Illustrant directement le propos, il aide
à la compréhension et à la poursuite de l'article
plutôt qu'il n'en dévie.
En fait, le
contexte de lecture entre fortement en ligne de compte dans la
décision d'intégrer ou non beaucoup de liens :
- en phase de "recherche",
au niveau de l'accueil d'une section, par exemple, l'utilisateur
appréciera une grande densité de liens, à condition
qu'ils soient bien organisés ;
- en phase de "consommation",
il sera conseillé de ne pas trop encourager la digression
et de plutôt regrouper les liens en marge de l'article, dans
des encarts du type "pour en savoir plus".
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Jean Clément, de l'Université
de Paris VIII, exprime fort bien la problématique :
"L'hypertexte se caractérise
par sa non-linéarité et par sa discontinuité
potentielle. Ces deux notions ne doivent pas être confondues.
La non-linéarité doit être définie
du point de vue du dispositif et pas du point de vue du discours."
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Comment
doivent se présenter les liens ?
Plusieurs chercheurs s'accordent
pour dire que les liens hypertextes les plus efficaces sont des liens :
- Longs (mais pas trop) : Rien ne vous
contraint à placer votre hyperlien sur un seul mot !...
Les hypertextes composés de 3 ou 4 mots fonctionnent le mieux.
Plus de 5 mots, cela commence à être beaucoup :
le lien est peut-être plus explicite mais il devient aussi
moins aisé à "scanner".
- Discriminants : Les liens, surtout
contigüs, doivent clairement se différencier. Ne faites
pas se côtoyer un lien "Nouveautés" et un
lien "Actualités"... Ou alors, rendez-les plus
explicites... Par exemple : "Nouveautés sur le
site" et "Communiqués de presse".
- Explicites : C'est le paramètre
le plus important. En cliquant sur un lien, le visiteur devrait
avoir une idée la plus précise possible de l'information
à laquelle il va avoir droit.
- Le lien lui-même devrait être
composé de mots explicites, informatifs et largement
compréhensibles.
- Le lien peut aussi s'entourer d'une
description textuelle (Par exemple : "Redaction.be,
un dossier complet sur les spécificités de l'écriture
en ligne, comprenant des conseils, des exemples, des liens utiles,...").
- Le lien peut aussi être associé
à une description complémentaire sous la forme
d'un attribut
TITLE qui apparaît lorsque la souris s'y attarde.
L'utilisation d'un tel titre est intéressante mais ne
dispense en rien de prévoir un lien, en soi, le plus
explicite possible.
Evitez absolument les liens du genre "Click here" ou
"Current issue" ou encore "Next page" qui
n'ont aucun apport informatif !
Notez que, selon les termes de George
Landow, à la rhétorique de départ
(rhetoric of departure) s'ajoute la rhétorique
d'arrivée (rhetoric of arrival). C'est-à-dire
que le lien doit non seulement vous indiquer clairement en quoi
il est intéressant de l'emprunter, mais il doit aussi être
rédigé de manière à ce que, une fois
arrivé sur la nouvelle page, l'utilisateur ne soit pas
dérouté. Il faut qu'il y ait un rapport évident
entre ce qui a été annoncé et ce qui est
effectivement proposé.
Par exemple, vous éviterez de faire un lien vers une page
générique, en vous référant, en fait,
à une information précise, enfouie quelque part
dans cette page.
Dans la mesure du possible, veillez à faire correspondre
l'intitulé du lien et le titre de la page de destination.
- Aux couleurs standards : Par défaut,
sur Internet, les liens non visités apparaissent en bleu
et les liens visités, en rouge pourpre. Les internautes sont,
consciemment ou inconsciemment, habitués à ces repères.
Les études de Jared Spool indiquent que le respect de ces
couleurs standards au niveau des liens hypertextes explique 16%
de la variation d'utilisabilité d'un site internet. Ce n'est
pas le facteur le plus important, mais il compte sérieusement.
L'utilisation de couleurs non standards peut amener l'utilisateur
à perdre du temps en sélectionnant involontairement
deux fois un même lien, à ne pas retrouver facilement
un lien intéressant sur lequel il a cliqué précédemment,
voire à quitter le site prématurément en pensant
erronément avoir tout visité.
Pire encore que d'utiliser des couleurs non standards est le fait
de ne pas différencier du tout les liens visités des
liens non visités.
- Soulignés : Le non soulignement
des liens (aujourd'hui permis par les feuilles de style) peut être
considéré comme un progrès esthétique, mais il est déconseillé par
les spécialistes de l'ergonomie, pour la raison toute simple que
la première conséquence du non soulignement des liens est la nécessité
de les rechercher... un processus qui s'ajoute à celui de la lecture
du contenu.
Inversement, ne soulignez pas un texte
qui ne contient pas de lien ; mettez-le en évidence par d'autres
procédés typographiques !

Faut-il
ouvrir les liens dans de nouvelles fenêtres ?
Le fait de forcer l'ouverture de nouvelles fenêtres est un
procédé ressenti comme très intrusif par beaucoup
d'utilisateurs.
Un certain nombre de concepteurs internet décident d'ouvrir
des fenêtres distinctes dans le but de distinguer clairement
des sites différents et, surtout, dans le but de retenir les
visiteurs (sur le site de départ, qui reste alors ouvert en
arrière-fond). Cette démarche est particulièrement
maladroite. Elle brise complètement la logique de navigation,
basée sur le passage d'une URL à l'autre, au sein d'une
même fenêtre... provoquant ainsi une grande confusion.
Bien souvent, le visiteur moyen ne remarque même pas qu'une
nouvelle fenêtre vient de s'ouvrir (surtout lorsque les fenêtres
sont maximisées). Lorsqu'il tente de revenir en arrière,
tout naturellement en utilisant le bouton Back, il échoue,
car le bouton est alors désactivé.
Appuyant ses théories sur des centaines de tests, Jakob Nielsen
épingle le fait d'ouvrir de nouvelles fenêtres comme
une des dix
erreurs principales actuellement commises en termes de design
internet. A vous de juger.
Dans certains cas, cependant, l'ouverture de
nouvelles fenêtres nous semble pertinente. En particulier lorsqu'il
est nécessaire de cadrer la fenêtre dans des dimensions
précises. Par exemple, pour mettre
en valeur certaines informations contextuelles. Ou bien pour ouvrir
une petite application en ligne, comme cette simulation
de calcul de primes d'assurances sur le site du Ducroire.
A
quoi peuvent servir les liens ?
Que ce soit de manière
interne, pour naviguer à travers les différentes franges
de contenu d'un site, ou de manière externe, pour relier le
contenu d'un site à son contexte intellectuel et social plus
global, les liens peuvent remplir plusieurs fonctions :
- Relier un extrait bibliographique à
un document original plus complet
- Relier la table des matières d'un
document à ses différentes parties
- Relier un article à des extraits
de presse le concernant
- Relier le nom d'un auteur à sa biographie
- Relier un sujet à des animations
multimédias ou à des bases de données
- Relier un article à d'autres articles
complémentaires
- Etc.
Faut-il retenir à tout prix les visiteurs ?
Certaines études indiquent que les sites les plus reliés
(ceux qui acceptent de faire beaucoup de liens vers l'extérieur,
voire vers leurs concurrents) sont aussi les sites qui attirent le
plus de trafic. Sur Internet, s'enfermer dans une coquille ne semble
pas être un bon calcul. La transparence et l'interconnexion
paraissent nettement plus profitables. Si vous aiguillez l'utilisateur
vers des informations intéressantes, même éditées
par d'autres, l'utilisateur se souviendra que vous lui avez rendu
service. Et il reviendra.
Hypertextes
ou hyperimages ?
D'aucuns ont tort de penser que les images conviennent mieux à
l'hypernavigation que les textes... La première
chose à laquelle les utilisateurs prêtent attention, ce sont les
liens hypertextes. Les images-liens ont plusieurs désavantages :
- Elles se chargent plus lentement que le texte
- On ne sait jamais, à l'avance, si elles sont interactives ni combien
de liens elles comportent
- Elles n'indiquent pas si le lien a déjà été visité ou non.
Ce qui n'est pas inintéressant, en revanche, c'est l'association
d'un lien hypertexte avec une icône. Attention alors à la qualité
des icônes et des métaphores qu'elles exploitent ; elles peuvent tout
aussi bien aider à la compréhension qu'ajouter à la confusion. Testez
donc la manière dont elles sont perçues par vos utilisateurs !
Dans certains cas, les images peuvent aider à la navigation, lorsqu'elles
sont intimement liées au contenu. Par exemple, l'accès à des informations
via une carte géographique.
Aspects
juridiques
L'utilisation de l'hypertexte
revêt certains enjeux
juridiques, notamment liés au respect du droit d'auteur.
Ressources
bibliographiques
- Jakob Nielsen recommande plusieurs
lectures relatives à l'utilisation de l'hypertexte.
- Les pages 51 à 80 de l'ouvrage Designing
Web Usability du même Jakob Nielsen rassemblent des conseils
quant à la manière d'utiliser l'hypertexte.
- Du
texte à l'hypertexte: vers une épistémologie de la discursivité
hypertextuelle, Jean Clément, Université de Paris 8.
- No Weak
Links, Constance Petersen's Designing Ways, novembre 1999. Cet
article recense 23 types de liens à éviter.
- Un article du Monde Interactif, intitulé
Les
hyperliens de demain et publié en janvier 2001, décrit
la manière dont les hyperliens pourraient évoluer !
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