Penser "multimédia"
Basé quasiment exclusivement sur le texte à ses débuts, Internet est devenu aujourd'hui un moyen d'expression multimédia, permettant d'intégrer tout autant des textes que des images, des vidéos, des sons, des animations, des programmes interactifs, etc. Ecrire pour Internet, c'est donc exploiter plusieurs supports d'expression.
Il est bon, lorsque vous traitez un contenu, de vous demander si ce contenu ne pourrait pas être exploité intelligemment sous une forme multimédia. Posez-vous donc la question de savoir si le son, l'animation ou l'interactivité ne peuvent pas venir renforcer votre contenu, améliorer sa compréhension, augmenter son attrait.
Pas toujours nécessaire...Attention toutefois! Le recours au multimédia est loin d'être nécessaire dans tous les cas. La plupart du temps, le texte, complété de quelques images fixes, suffira à communiquer efficacement votre propos.
Le recours au multimédia présente quelques obstacles :
- Il fait souvent appel à des formats
non standards que tous les utilisateurs ne sont pas capables
de lire à défaut d'installer un "plug-in",
ou que les moteurs de recherche n'indexent pas correctement.
- Il peut impliquer des temps de chargement importants.
- Les délais de réalisation sont
souvents plus longs, et les coûts de production, souvent
plus élevés.
- L'autonomie risque d'être limitée sur le plan de l'actualisation des contenus.
Le recours au multimédia peut encourager les mauvais usages en termes d'ergonomie — comme l'indique Jakob Nielsen, de manière assez radicale, dans son article Flash, 99% Bad — tout comme il peut enrichir l'ergonomie — comme l'argumentent les auteurs du livre Flash, 99% Good en réponse à Jakob Nielsen.

Ci-dessus : les animations Flash à l'entrée des sites web sont considérées comme inutiles et contre-productives par la majorité des utilisateurs. Ces derniers ont pris l'habitude de plonger sur le bouton "skip" ou le lien "passer l'introduction".
Dans quels cas le recours au multimédia est-il intéressant ?Pour toutes les raisons précitées, évitez donc de recourir au multimédia de manière gratuite !
Voici cependant quelques bonnes raisons justifiant un recours au multimédia :
1. Expliquer un mécanisme logique ou une séquence temporelle
...Je songe à une animation Flash que
proposait Le Figaro pour illustrer les différentes phases
d'un départ de 100 mètres dans le contexte des Jeux
Olympiques, ou bien à cette animation que proposait UCB (voir
prise arrêtée ci-dessous), qui illustrait un mécanisme
de purification d'eau.
Voyez comme la BBC explique par le biais d'une animation Flash, les
prévisions de l'évolution
du climat de la planète d'ici 2099.
2. Proposer une interactivité visuelle sophistiquée
Kickers.be, par exemple, vous propose de colorier
vous-même vos chaussures puis de les commander.
Quelques jours avant l'annonce d'une éclipse solaire totale, au mois
d'août 1999, le Monde Interactif avait mis en ligne une séquence,
intitulée "La France à l'ombre", qui proposait une
interactivité particulièrement intéressante (voir ci-dessous) :
en passant votre souris sur les différentes zones de France, vous
pouviez visualiser les villes en gros plan ainsi que l'heure précise à laquelle
l'éclipse y était attendue.
Dans le domaine scientifique, Jean-Jacques Rousseau, de la Faculté des Sciences
exactes et naturelles de l’Université du Mans, vous propose une véritable
mine d'or en matière de simulations interactives. Non moins de 200
simulations de physique, programmées en Java, sont disponibles.
Testez, par exemple, le
mouvement d'une balle de tennis ou la propagation
des ondes élastiques.
3. Attirer l'attention
N'essayez pas d'attirer l'attention à la
manière des bannières publicitaires, dont on sait qu'elles
sont plus évitées qu'autre chose, mais plutôt
de manière plus subtile.
Par exemple, au moyen d'un effet graphique, vous attirerez le regard du visiteur
sur un point précis d'une carte géographique ou sur un visage
précis au milieu d'une photo de groupe.
Dans un tel cas, évitez de présenter l'animation en boucle ;
faites-la jouer une ou deux fois à l'ouverture pour la faire terminer
sur un plan arrêté. Il est avéré que les animations
en boucle perturbent la lecture des éléments périphériques !
4. Exploiter la 3D ou les techniques de réalité virtuelle
Dans certains cas, il peut être
intéressant de permettre aux utilisateurs d'appréhender
un objet en 3D ou sous forme de "réalité virtuelle".
comme le propose le site Portugal
in 360°, dont l'objectif est de faire découvrir à distance
certains lieux ou monuments touristiques.
Ceci dit, la navigation en 3D s'encombre de toutes les tracasseries liées
aux plugins.
5. Exploiter le son
L'expression "Une image vaut mille mots" s'applique
parfois au son.
Par exemple, sur ce site, les internautes peuvent écouter des cris
d'animaux... Et essayez donc de décrire un son avec des mots !
D'autres sites éditent des extraits sonores de discours politiques,
reprenant ainsi la communication dans toutes ses nuances.
Certains extraits sonores ou vidéos viennent ainsi parfaitement enrichir
les encyclopédies multimédias.
