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Un journaliste doit-il connaître le HTML ?

En théorie, c'est vrai, le journaliste peut très bien fournir ses "papiers" à un webmaster technique qui se chargera de les intégrer dans le site internet.

En pratique, et lorsqu'on y regarde de plus près, le journaliste-webmaster, à savoir celui qui maîtrise à la fois la rédaction et l'intégration, aura plus d'un avantage sur son confrère !...

En termes de rentabilité et de performances, le gain est évident. Par exemple, les textes seront rédigés directement dans un éditeur web, comme Dreamweaver, plutôt que de passer par un format intermédiaire comme Word. Les ajustements et corrections pourront se faire au vol. Les opérations se feront plus vite, coûteront moins cher, et les risques d'erreur seront plus faibles... Des avantages indéniables dans le contexte d'Internet où les contenus sont amenés à être actualisés en permanence.

Mais le bénéfice ne s'arrête pas là ! Connaître les subtilités techniques du média, ses potentialités, ses limites,... va aider à rédiger et à articuler les contenus de manière plus efficace et plus appropriée. La culture technique du rédacteur apporte donc aussi un bénéfice conceptuel. En effet, c'est en maîtrisant à la fois la forme et le contenu qu'on produit les communications les plus efficaces...

EXEMPLES :
Le concept de la ligne du temps qu'utilise Le Figaro magazine et qui est basé sur un défilement horizontal en Javascript, est un concept intéressant que seul un concepteur averti des possibilités offertes à lui par le multimédia aura pu imaginer.

Les vieux graphiques animés dont voici un extrait hors contexte, édités en 1997 sur Inforegio.org, n'ont pas pu être conçus par un informaticien pur et dur, car ils représentent en soi un traitement du contenu (en l'occurrence, les données socio-démographiques européennes dans une optique comparative entre les pays membres de l'Union et les pays candidats à l'adhésion). Un journaliste à l'ancienne, qui n'aurait pas intégré les possibilités offertes par le gif animé et par les effets rollover, n'aurait probablement pas non plus produit un tel concept. C'est la fusion des deux, le contenu et la forme, qui est le détonateur du concept.
Lisez aussi le chapitre Penser multimédia qui complète ce sujet.

Le XML est un très bon exemple. Cette technologie au nom barbare dérange déjà bon nombre d'intégrateurs web qui se sont endormis sur le HTML, donc, a fortiori, elle a de quoi rebuter le journaliste. Et pourtant, elle devrait l'intéresser au plus haut point... car elle concerne de très près l'édition d'information. En effet, à la différence du HTML qui ne s'occupe que de la mise en forme du texte (en gras, en italiques ou moyennant des attributs plus sophistiqués), le rôle du XML est véritablement de donner du sens au texte. Notamment pour en permettre l'édition différenciée (en fonction des supports, des cibles, des contextes d'édition,...). Le XML, c'est l'information "lego", l'information découpée en de multiples "morceaux" susceptibles d'être réintégrés dans d'autres "constructions" éditoriales. Si le sujet vous intéresse, lisez donc cet extrait d'une discussion JListe !

Notez que les connaissances techniques du journaliste ne doivent pas être aussi poussées que celles du développeur. Le journaliste doit simplement avoir conscience de ce que permet la technique.