Extrait d'une discussion JListe
Journalisme et technologie
Date: Tue, 25 Jan 2000 10:54:04 +0100
Reply-To: Luc Saint-Elie <lse@IMAGINET.FR>
Sender: Le journalisme et la presse a l'heure d'Internet
<JLISTE@HOME.EASE.LSOFT.COM>
From: Luc Saint-Elie <lse@IMAGINET.FR>
Subject: Re: Journalisme et technologie
In-Reply-To: <388CB7E0.83DA259C@ravinet.com>
Content-Type: text/plain; charset="iso-8859-1"; format=flowed
Bonjour,
Bon alors je vais commencer dans le désordre
>Certes, ce mail peut sembler sec, mais cela m'agace!! :-)
Pas de problème les discussion molles m'ennuient , je suis un
g(r)ars
passionné :- )
>> Je ne suis pas tout à fait d'accord avec Sylvan
>> Il est certain que peu de journalistes auront à manipuler >le
duo XML/XSL
>non: pas peu: c'est bien aucun. Allez donc voir à quoi cela
>ressemble et dites-nous si cela vous parle:
>http://www.w3.org/TR/xsl/ et http://www.w3.org/TR/xsl/
>Si même la grande majorité des programmeurs peuvent passer des
>j*ours entiers sur XSL et encore ne pas savoir l'utiliser
>correctement, ne me dites pas, ou alors ne laissez pas croire -
>cela serait malhonnête ou prétentieux - qu'un journaliste pourrait
>le faire.
>Ou bien prouvez-moi le contraire.
Prouver ? bof, facile, dans le paragraphe ci-dessus vous pouvez remplacer
XSL par Xpress et il reste parfaitement cohérent.
Bon j'essaie : pour la clarté du propos, nous nous reportons quelques
années en arrière, la PAO vient juste de faire son apparition
"Si même la grande majorité des maquettistes peuvent passer
des jours
entiers sur Xpress et encore ne pas savoir l'utiliser correctement, ne me
dites pas, ou alors ne laissez pas croire, cela serait malhonnête ou
prétentieux, qu'un journaliste pourrait le faire"
Que les ceusses dans la salle qui n'ont jamais eu à manipuler
un fichier
Xpress lèvent le gros orteil
>Lorsque je m'exprime sur un sujet je m'efforce d'au moins me
>documenter auprès de sources de référence, et d'expérimenter
au
>minimum. Et ici la source de référence est
>http://www.w3.org/TR/REC-xml .
C'est tout à votre honneur cher ami et le fait de se documenter
est un des
principes de base qui n'est pas réservé aux programmeurs, nombre
de
journalistes y ont recours (j'en suis).
Chacun ses références, coté expérimentation, j'utilise
plutôt
http://xml.apache.org/cocoon qui propose au delà d'une simple
spécification, une implémentation relativement convaincante.
>J'ai par ailleurs passé beaucoup de
>temps à étudier et utiliser le processus de publication de
>documents SGML ou XML vers HTML, autre XML, ou ps, pdf et autre.
Bienvenue, moi aussi
>Et, sur ma proposition, la startup pour laquelle je travaille
>passe actuellement à un processus de documentation basé
>entièrement et uniquement sur la DTD SGML (ou XML) DocBook
>(http://www.docbook.org)
Désolé moi je ne suis pas startupé (voire startupable)
>Il me semble que cette démarche rigoureuse est au minimum
>exactement identique à celle d'un journaliste.
Il me semble que c'est exactement ce qui provoque votre agacement non ?
> Par ailleurs pour continuer dans la sodomisation de diptère, je
m'inscris en
> faux avec la dernière énergie contre " XML seul n'est
rien de plus que du
> HTML".
> Mis à part le fait que les balises sont entre "<" et ">",
XML et HTML n'ont
> pas grand chose à voir.
>Et bien quoi donc ? Quelle est la différence syntaxique ?
Ah nous y voilà, elle est énauuurme la différence
entre HTML et XML. Elle
est énorme d'un point de vue syntaxique, elle est énorme d'un
point de vue
conceptuel et surtout et c'est ce en quoi elle va à terme concerner
le
journaliste, elle est énorme en ce qui concerne ses implications.
Pour éviter un endormissement rapide de ceux qui ont eu le courage
de nous
lire jusque là je vais humaniser la syntaxe, ce qui figure entre les
balises < et > est donc faux, quand à l'exemple il est volontairement
caricatural :
HTML
<titre du texte>Mermet se fait bloquer en tunisie</fin du titre
du texte>
<corps du texte>
<paragraphe>
Mermet.. blabla..<afficher en gras>Martin Dubois </fin de afficher
en
gras>..blabla
</fin du paragraphe>
<paragraphe>
Mermet.. blabla..blabla..blabla
</fin du paragraphe>
<paragraphe>
Mermet.. blabla..blabla..blabla
</fin du paragraphe>
</fin du corps du texte>
XML
<titre du texte>Mermet se fait bloquer en tunisie</fin du titre
du texte>
<corps du texte>
<chapo>
Mermet.. blabla..<nom propre>blabla </fin de nom propre>..blabla
</chapo>
<paragraphe peu important>
Mermet.. blabla..blabla..blabla
</fin de paragraphe peu important>
<paragraphe a mettre en avant>
Mermet.. blabla..blabla..blabla
</fin de paragraphe a mettre en avant>
<paragraphe destiné à l'actu de Yahooplala>
Mermet.. blabla..blabla..blabla
</fin du paragraphe destiné à l'actu de Yahooplala >
<condensé pour les PalmPilot>
Mermet.. blabla..blabla..blabla
</fin de condensé pour les PalmPilot>
</fin du corps du texte>
Le HTML est une version allégée de la PAO, il utilise
un balisage (issu du
SGML, puisqu'il faut faire techno, faisons techno, le HTML est
représentable en SGML)
Le HTML ne touche pas au sens du texte, il sen contente d'en décrire
la
mise en page, laquelle a on le sait une influence sur le sens généré,
mais
sans comparaison avec XML dont c'est l'unique objet
Le rôle du XML qui est à des années lumières
du HTML est de donner du
"sens". Le XML ne s'occupe pas de présentation.
Par donner du sens je veux dire :
<b>Martin Dubois</b> c'est du HTML et ça veut dire
que la chaîne de
caractère Martin Dubois doit être affichée en gras.
<nom_propre>Martin Dubois </nom_propre> c'est du XML et ça
catégorise le
sens de la chaîne de caractère Martin Dubois.
>Qu'est-ce qui, dans la spécification XML, ou dans ce document
>synthétique des concepts de XML
>http://www.w3.org/XML/1999/XML-in-10-points est contraire à mes
>propos ?
Alors là je suis scié, c'est écrit noir sur blanc !
"2. XML looks a bit like HTML but isn't HTML
Like HTML, XML makes use of tags (words bracketed by '<' and '>') and
attributes (of the form
name="value"), but while HTML specifies what each tag & attribute
means
(and often how the text
between them will look in a browser), XML uses the tags only to delimit
pieces of data, and
leaves the interpretation of the data completely to the application that
reads it. In other words, if
you see "<p>" in an XML file, don't assume it is a paragraph.
Depending on
the context, it may be
a price, a parameter, a person, a p... (b.t.w., who says it has to be a
word with a "p"?)"
>Dites moi donc en quoi le contenu de cette spécification concerne
>directement le journaliste?
Elle le concerne en ce sens que jusqu'à aujourd'hui, le journaliste
n'écrit
pas une séquence de phrases ou de paragraphes, il écrit un texte,
un
ensemble, qui a été conçu comme tel (même si la
presse magazine actuelle
pousse à un découpage maximal. C'est lui qui gère le sens
de son texte.
Si un de ses lecteurs décide de ne pas lire le texte en entier ou de
juger
qu'une partie est plus importante qu'une autre, c'est en toute connaissance
de cause. Le lecteur dispose du texte en tant qu'unité conceptuelle
complète. Après il en fait ce qu'il veut.
Foncièrement l'écriture qu'elle soit journaliste ou romanesque
n'a pas
énormément varié depuis ses débuts. Elle a connu
des chocs, le traitement
de texte, la PAO, mais elle reste basée sur un concept de continuité
(fût-il segmenté par la manie des encadré colorés
chers à la presse magazine)
XML annonce l'aube d'une écriture par sous-ensembles. Là encore
je ne sais
pas si c'est bien ou mal, mais c'est important, suffisamment important à
mes yeux pour qu'un journaliste un tant soit peu soucieux du traitement que
son travail est susceptible de subir s'y penche.
Concrètement aujourd'hui le journaliste de l'écrit (avec
la chaîne de
production graphique) décide de ce que va recevoir le lecteur. Après
le
lecteur vit sa vie.
Demain, il n'est pas exclu que ce soit un "système" qui
décide de ce que va
recevoir le lecteur. En reprenant mon exemple XML (qui est encore une fois
caricatural) le visiteur du site Yahoplala, l'utilisateur de PalmPilot ou
le visiteur du site global ne vont pas recevoir la même information à
partir de ce qui constitue pourtant une même unité de texte.
Puisque vous semblez aimer les URL, tout ceci est assez bien résumé à :
http://www.w3.org/TR/REC-xml#sec-intro
"XML documents are made up of storage units called entities,"
>Certes le travail du journaliste s'en trouve modifié. Mais
ce n'est pas
>au niveau de la maîtrise de ces technologies en elles mêmes.
C'est
>au niveau du processus d'édition ou de création, il me semble.
De même
que le
>journaliste ne modifie pas pixel par pixel
>les couleurs d'une image mais utilise Photoshop (ou Gimp!), le
>journaliste utilisera probablement un outil dédié pour manipuler
XML et
ses technologies
>associées. Il n'existe actuellement pas, à ma connaissance,
de tel outil
à la portée d'un journaliste
>(à part peut-être ArborTex).
Non, non et non.
La technologie façonne le discours. On ne photographie pas en noir et
blanc
comme on photographie en couleur, on n'écrit pas à la main comme
on écrit à
la machine, lire à ce sujet le petit papier du supplément télé du
Monde sur
l'impact des mini caméras DV sur le reportage vidéo.
Qu'il n'existe pas d'outil à la porté des journalistes,
je ne vois pas très
bien le rapport, ça me paraît normal si on considère que
la spécification
XML date de l'année dernière et que XSL est encore loin d'être
stable.
>Une fois de plus, cette discussion se ramène au problème
de base :
>Un journaliste n'a pas besoin de connaître, encore moins en
>détail, les technologies qu'il utilise.
C'est un avis purement personnel mais dans un monde ou la communication
est
médiatisée par des "systèmes "à tel point
que ces derniers ont depuis des
lustres quittés le rôle de véhicule structurant pour prendre
celui de
commanditaire, je trouve essentiel que le journaliste s'intéresse un
tant
soit peu à ces "systèmes".
>Le journaliste est par définition utilisateur de ces technologies. [ ]
Ca c'est la théorie, en pratique nous ne sommes pas si loin d'un
contexte
ou la technologie est utilisatrice du journaliste.
>[
] Il ne les crée pas. Ou alors ce n'est plus un journaliste.
Je ne crois pas que personne n'ait jamais écrit que le journaliste devait
créer la technologie qu'il utilise. Il est à noter que le programmeur
non
plus jusqu'à nouvel ordre. Tous deux sont des utilisateurs à des
niveaux et
dans des buts différents.
>Et, de grâce, avant d'exprimer vos vues sur une technologie,
>si vous pouviez vous documenter auprès de sources reconnues...
Ca c'est pas de chance, c'est précisément un domaine que
je connais bien et
pas seulement en tant que journaliste
Cordialement,
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| Luc Saint-Elie |
| 7, rue Androuët |
| 75018 Paris France |
| Tel: 06 12 90 19 65 |
| email : luc@interpasnet.com |
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