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Préjugé : Les internautes détestent scroller

Readers hate to scroll... vous risquez d'entendre plus d'une fois cette rengaine !

Bien évidemment, les utilisateurs n'apprécient pas de dérouler des masses de textes contenant des informations composites et indifférenciées.

Bien évidemment, les accès et les messages les plus importants doivent être placés en haut de page s'ils veulent améliorer leurs chances d'être perçus.

Mais cela ne veut pas dire que le scrolling est à bannir systématiquement et que toutes vos pages doivent tenir dans un écran ! Une fois passé en mode "consommation", l'internaute déroulera volontiers une page dont le sujet l'intéresse.

Au contraire, dans ce contexte où l'utilisateur a trouvé le sujet qui l'intéresse, un découpage excessif pourra même nuire à l'utilisabilité de l'information, notamment par le fait qu'il sera impossible d'imprimer l'information d'un seul coup ou impossible de l'enregistrer d'une traite ! Or, dans un quart des cas, les internautes ont recours à ces pratiques !

Quelle est la longueur idéale d'une page web ?

On s'accorde à dire qu'une page HTML devrait contenir entre 500 signes (seuil en dessous duquel l'information n'est pas assez consistante) et 4000 signes (plafond au-delà duquel la lecture à l'écran devient très pénible). Mais ce n'est qu'un ordre de grandeur, à mettre toujours en liaison avec le contexte.

Références :

Une étude menée par ClickTale, fin 2006, nous apporte des données fort intéressantes sur le comportement de scrolling. Les résultats de cette étude sont analysés dans ce billet.

En 1994, Jakob Nielsen, le "gourou mondial de l'ergonomie", estimait que le scrolling était à éviter à tout prix étant donné que 10% des internautes seulement faisaient alors l'effort de dérouler une page web !
Aujourd'hui, il estime que les choses ont significativement changé et que les internautes ont largement intégré l'action de scroller:
http://www.useit.com/alertbox/990502.html (1999)
http://www.useit.com/alertbox/9712a.html (1997)

Une étude de la Société des Gens de Lettres (SGDL) indique que la majorité des personnes font une lecture immédiate des textes longs, qu'elle soit intégrale (pour 36% des répondants) ou partielle (pour 41% des répondants). Ce qui ressort surtout, c'est qu'en fonction du sujet ou du contenu, les individus peuvent adopter des comportements différents. Autrement dit, la longueur des textes ne serait pas un obstacle à la lecture en ligne tant que celui-ci est suffisamment clair et intéressant.
http://www.sgdl.org/fr_enquete.htm (1999)

Une étude de type eyetracking (technique visant à suivre le regard de l'internaute avec une précision scientifique), menée par le professeur Lewenstein de l'Université de Stanford, et dont les résultats ont été publiés en mai 2000, confirme que les utilisateurs ne sont pas du tout dérangés de devoir scroller à partir du moment où il sont tombés sur le sujet qui les intéressent. Les articles seraient lus à 75%... contre 20% à 25% pour les articles imprimés (vis-à-vis desquels le lecteur est moins proactif). L'étude complète est accessible ici : http://www.poynterextra.org/et/i.htm.

Les spécialistes de l'ergonomie que sont User Interface Engineering prétendent que les longues pages sont plus efficaces : http://www.uie.com/articles/page_scrolling/.